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  Accueil  Au Vieux Four à Pain Chambres d'Hôtes en Isère,

Massif de Belledonne Alpes du Nord.

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HISTOIRES ET LEGENDES DU MASSIF DE BELLEDONNE

Nous voulons vous faire découvrir notre massif en vous présentant des extraits de l'excellent livre de Philippe VELUT,

"Belledonne à petits pas", aux éditions Le Génie des Glaciers. Nous les remercions pour leur aimable autorisation. Reproduction interdite

L'hiver dans nos montagnes.  Traces de bouquetins dans la neige

Il fait froid ce matin, nous sommes début octobre et les premières gelées ont mordu les feuilles les plus tendres. Une pensée pour ceux d'en haut, pour les animaux qui passeront l'hiver en altitu­de, avec comme univers quotidien le froid, la neige et la rareté de la nourriture. Heureusement la nature a prévu quelques adap­tations, aussi bien pour les végétaux que pour les animaux.

La première des protections pour la flore et une partie de la faune est la neige. Sous une couche supérieure à 15-20 cm, le sol n'est pas gelé et, par exemple, les campagnols peuvent y creuser des galeries et se déplacer, à la recherche d'herbes sèches ou de graines. Bien sûr quelques petits futés maîtrisent parfaite­ment l'art de l'igloo. Le lièvre variable, le lagopè­de et le tétras lyre ont adopté cette technique. Et puis il y a les animaux à sang froid, capables de résister à la « congélation ». Ils ne respirent plus, n'ont plus de circulation sanguine, seule subsiste leur activité neurologique... Mais il n'en est pas de même pour les chamois et bouquetins. Nourriture rare, froid et avalanches sont la routine. Un quart d'entre eux ne passeront pas l'hiver.

Traces de bouquetins dans la neige

Les végétaux profitent de la neige pour se proté­ger du froid. Le rhododendron, plante frileuse, pousse essentiellement sur les ubacs, versant où la neige reste le plus longtemps et assure une pro­tection efficace. Les hivers sans neige sont fatals à ce type de plantes. Les premières plantes à fleurir apparaissent dans les « combes à neige ». C'est le cas, entre autre, de la soldanelle ou du crocus qui profitent de l'iso­lation thermique du manteau neigeux et de la relative humidité, pour commencer un nouveau cycle végétatif. Si vous êtes adepte des sorties en raquettes faites très attention à ne pas déranger la faune... elle n'y résisterait pas !

Les charbonnières.les charbonnière de l'isère

Discrètes et anonymes, on passe à côté d'elles sans les voir. Elles, ce sont les plates-formes char­bonnières. De simples replats créés par l'homme, en pleine forêt, sur lesquels étaient établies les charbonnières. Ceci est très instructif car, par exemple aux alentours de Prapoutel, dans une vaste forêt d'épicéas, on trouve de ces plates-formes. Le charbon de bois étant fait avec des feuillus, on peut donc imaginer le paysage autre­fois : une hêtraie - sapinière. Après exploitation, la forêt a été planté d'épicéas. Le pin à crochet, résineux de faible valeur, a été utilisé pour le charbon. Le charbonnage n 'est pas né par hasard. Il est issu d'une demande des métallurgistes pour alimenter leurs fourneaux. Et puisque la métallurgie est présente aux pieds de Belledonne (Uriage, Lancey, Laval, Allevard et Pontcharra), ceci explique cela.

Imaginez le travail que représente une charbon­nière !

Tout d'abord la préparation de la plate-forme qui doit se trouver au centre de la coupe de bois, à l'abri du vent, et être parfaite­ment plane. Il y a souvent des travaux de nivellement à faire. Ensuite, le bûcheronnage, bien entendu entièrement manuel. On utilise alors la hache et le passe-par-tout (scie à très grosses dents avec une poignée à chaque bout). Le transport, par glissade en terrain pentu, à dos d'homme ou bien tiré par une mule, est une tâche très rude car une meule contient plusieurs tonnes de bois. Viens maintenant la confection de la meule, véri­table travail d'art que l'empilage du bois pour obtenir une combustion totale et parfaite. Une cheminée en bois croisés au centre, avec le bois d'allumage au dessus, puis les rondins de hêtre savamment agencés autour de la cheminée. Le tout est recouvert d'une bonne couche de feuilles et de terre.

La carbonisation : c'est une bonne semaine de combustion durant laquelle on ne quitte pas la meule de l'œil. On met des braises sur le bois d'al­lumage, on bouche l'orifice sommital puis on sur­veille. Pour maîtriser la combustion, on fait des trous d'aération sur le pourtour de la meule. Régulièrement, on remet du petit bois par le haut pour entretenir les braises. Voilà, il reste à tamiser le charbon de bois pour enlever les poussières, puis à le transporter jus­qu'au lieu d'utilisation.

Aristide Berges : la houille blanche.

l'eau en isère

Parmi les hommes qui ont marqué Belledonne et la région, comment ne pas citer Aristide Bergès ? Vers le milieu du 19ème siècle un industriel pape­tier de Domène fait appel à un jeune ingénieur ariégeois pour améliorer sa production de pâte à papier.

Le jeune homme, dès son arrivée, est subjugué par toute l'eau qui déboule des versants abrupts de Belledonne. Sa vision scientifique et son esprit pionnier font qu 'il se lance un nouveau défi : maî­triser et utiliser la présence de l'eau.Tout va alors très vite.

En 1867, il achète un moulin sur le ruisseau de la combe de Lancey qu'il transforme en râperie à bois (pour la pâte à papier). Mais pour le faire tourner, il construit une conduite forcée avec une chute de 200 mètres... Malgré le scepticisme général, il réussit. En 1869, soit deux ans après son premier succès, il double la mise : 400 mètres de chute d'eau pour une conduite forcée sur le Vorz. Mais cette fois-ci, il eut l'idée de réguler le débit du torrent. Pour ceci, il construit un petit barrage au lieu-dit la Gorge, sur la commune de Sainte Agnès.

En 1892, il édifie un barrage au lac Crozet pour en augmenter la capacité et s'assurer un approvi­sionnement constant en eau. Pendant ce temps, Gramme invente la dynamo et Desprez parvient à résoudre le problème du transport de l'électricité. L'aventure peut continuer. Les projets d'Aristide Berges sont de plus en plus « fous », et bientôt il se heurte aux riverains des torrents et ruisseaux dont il s'accapare l'eau. Devant les tribunaux, ces derniers gagnent les procès. Mais il lui restera une satisfaction : avoir eu l'audace d'utiliser la force hydraulique à gran­de échelle, celle qu'il nommera la houille blanche. Clin à'œil de l'histoire, ce qui sera certainement le dernier grand barrage des Alpes, Grand-Maison, a été construit une centaine d'années plus tard, adossé au massif de Belledonne... 

Sports d'hiver.

sport d'hiver en isère, à proximité de nos chambres d'hôtes

Belledonne, la chaîne de montagnes aux trois sta­tions de sports d'hiver. Au long de ses 70 kms sont implantés Chamrousse, Prapoutel les 7 Laux et le Collet d'Allevard.

La plus au sud, Chamrousse, est aussi la plus ancienne. En effet, dès 1878, les premiers skis ont glissés dons ce secteur. C'est Henri Duhamel, alpiniste, qui le premier remarqua ces planches venues des pays nordiques. De là à vouloir les essayer... Ensuite le Père Tasse a construit la pre­mière auberge dans ce qui n'était, à l'époque, que des alpages. Petit à petit, Chamrousse s'étof­fera, jusqu'en 1968 où la petite station se retrou­vera sous les feux de l'actualité sportive : les J.O. de Grenoble et les 3 médailles d'or de Jean-Claude Killy sur la piste de Casserousse. Chamrousse a vu grandir 2 compéfiteurs de haut niveau : Florence Masnada et Pierriclc Bourgeat.

Un peu plus au Nord, on trouve les 7 Laux avec ses 3 portes d'entrée : Prapoutel et Pipay versant Grésivaudan, et le Pleynet dans la vallée du haut Bréda. Cette station est née en 1971 de la volon­té de 3 communes (les Adrets, Theys et la Ferrière), de valoriser leur espace et donner du travail aux jeunes des villages de Belledonne. Mission réussie. Après quelques mésaventures, la station est repartie sur des bases solides depuis quelques années, les 7 Laux, c'est avant tout un ski sportif. Car ici, on tutoie la haute montagne et de nombreux free-riders fréquentent la station. C'est également le paradis des nouvelles glisses. Les champions locaux se nomment Anne-Flore et Denis Rey. Il y a également des riders de haut niveau.

Le Collet d'Allevard, station plus petite que les 2 autres, voit son nom associé à celui d'Antoine Cros. Au début du siècle, Antoine, coiffeur à Allevard, était un montagnard passionné, le Collet est la sta­tion du ski acrobatique. N'oublions pas le ski de fond sur le plateau de l'Arcelle (Chamrousse) et au col du Barrioz et le ski de randonnée sur tout le massif.

Le tourisme d'hiver représen­te, en Isère, 20 000 emplois directs.

Les lacs.

les 7 laux non loin de nos chambres d'hotes en isère

Un grand nombre de ran­données proposées mènent à un lac. Difficile d'ailleurs de faire autrement sur la chaîne de Belledonne. Difficile de compter tous ces lacs, mais il y en a tant ! La plupart d'entre eux sont le fait des glaciers. Les géants de glace agissent comme de véritables rabots en abrasant les roches et en transportant les débris. Mais il arrive que les glaciers trouvent sur leur passage des socles plus durs qui leur résistent. La glace creuse en amont de ces roches puis passe par-dessus. Quand le glacier disparaît, on à donc ce que l'on nomme une cuvette de surcreusement et en aval un verrou glaciaire constitué de roches massives imperméables. Il est maintenant facile d'imaginer l'eau prenant sa place dans ces cuvettes. On peut aussi en tirer une conclusion pour le randonneur : avant d'arriver vers ces lacs, il y a forcément une montée assez raide pour franchir le verrou glaciaire...

Y a-t-il une vie dans ces lacs ?

Pas pour les plus hauts d'entre eux. Au-delà de 2800 mètres, il n'y a pas de vie. La majorité des lacs de Belledonne se situent vers 2000 mètres d'altitude et là, la vie abonde. Autre facteur inter­venant dans la richesse des lacs : leur âge. Dans les milieux rudes comme la montagne, il faut du temps pour croître et se reproduire. On trouvera essentiellement des organismes très petits (de l'ordre du millimètre). Si l'on descend un peu en altitude, on peut trouver une végétation et une faune plus significatives. On rencontre notam­ment la grenouille rousse et le triton alpestre qui viennent pondre dans les lacs. Et les poissons ?

De façon naturelle, il n'y en a pas dans les lacs de montagne. Ceux présents ont été introduits par l'homme pour la pèche. Ces poissons arrivent dif­ficilement à une taille acceptable et détruisent le milieu en se nourrissant.

Les fromages.

les fromages de l'isere

La montagne serait-elle vraiment la montagne si l'on n'y trouvait au moins une spécialité fromagère ?

La production laitière était un des piliers de l'ali­mentation dans nos villages. Tout le monde ou presque, possédait une vache, ou pour les plus pauvres, une ou deux chèvres. Imaginez toutes ces richesses issues des pis gon­flés des Villardes (race de vache]. Bien sûr, il y avait le lait, utilisé directement en tant que boisson ou dans les plats. Ensuite, on extrayait la crème à l'aide d'une écrémeuse (centrifugeuse), ou bien simplement en laissant reposer le lait et en récupérant le pré­cieux liquide en surface. Cette crème était soit vendue en l'état, soit transformée en beurre. Quel travail que le barattage lorsqu'il était manuel. Que d'heures pas­sées à tourner cette fichue manivelle. Deux lavages du beurre à l'eau clai­re et le voilà prêt à la vente.

Avec le lait écré­mé, on fabri­quait alors la tomme. On lais­sait maturer le lait, puis on le chauffait à 30/32°C avant de l'emprésurer. Une fois coagulé, au bout d'une heure envi­ron, on découpait le caillé en petits morceaux de la taille d'un grain de blé. On réchauffait alors le tout en brassant régulièrement puis on mettait en moule la partie solide du mélange. Plus que quelques semaines d'affinage avant de déguster ! Quelle lente alchimie que celle de la transforma­tion fromagère. Et combien d'incertitudes à une époque où les moyens techniques étaient très limités.

Savez-vous d'où vient le mot « fromage » ? Et bien tout simplement de « forme », nom donné autrefois aux moules qui servaient à la confection de fromage.

Vous pouvez trouver la tomme de Belledonne chez les producteurs locaux.

Les fours à pain.un vieux four à pain

Vous remarquerez les nombreux fours à pain lors de vos balades dans nos villages. Oh bien sûr on retrouve cette présence dans la plupart des massifs montagneux. Chaque hameau possédait son four, véritable lieu de rencontre pour les habitants, au même titre que les fon­taines. Combien de mots dits en ces lieux ? Mais prenons garde !

Si aujourd'hui la cuisson du pain dans le four banal revêt un caractère purement festif, il en était tout autrement lorsque l'opération était heb­domadaire. En effet, quel travail !

Tout d'abord, il fallait confectionner les fagots de «charbonnette», bois de faible diamètre (3 à 4 cm), trop petit pour servir dans la cuisinière familiale mais parfait pour la chauffe du four. Cette opération est assez délicate car il est indis­pensable d'avoir une chaleur la plus homogène possible. Une fois le four chaud, il fallait retirer les braises avec une raclette puis laver la sole à l'aide de la « dame noire » (pièce de toile fixée sur un long manche).

On pouvait alors jeter une poignée de farine sur la sole : la couleur qu'elle prenait correspondait à la couleur qu'aurait la croûte. Après façonnage de la pâte, la cuisson pouvait avoir lieu et durait environ une heure, une heure et demie.

Après le pain, venait le tour des pognes et autres friandises. Au total, quatre bonnes heures auront été nécessaires...

Les veillées.

les veillées dans nos montagnes

Retournons quelques décennies en arrière. A l'époque où la vie était rythmée par les saisons. Après les périodes estivales et automnales très intenses dans les champs et les alpages (fenai­sons, moissons, semailles, vendanges et récoltes de noix et pommes) voici venu maintenant l'hiver, saison plus calme et reposante. Le soin aux bêtes matin et soir, faire le bois si la neige le permet... et le soir: les veillées ! On se retrouvait alors entre voisins, tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre. Si ces rencontres étaient par­fois l'occasion de faire une belote ou un tarot, au quotidien il s'agissait d'effectuer certains «petits» travaux tout en bavardant. Les femmes filaient la laine et le chanvre au rouet. Ce chanvre avait été aupara­vant trié par les hommes, effilé à la pierre du moulin puis peigné. Il servait à la confection de cordes pour les attelages.

Chanvre et laine étaient par­tis mélangés pour donner un tissu nommé « droguet ». Le tailleur du village en fai­sait des chemises. Rappelons qu'à cette époque les less­ives étaient rares, les gens possédaient donc une grande quantité de vêtements et draps. Pendant ce temps, les hommes mondaient les noix. Ce terme de mondaison vient en fait du mot émonder (du latin « emundare »= nettoyer. Avec un petit marteau, sur un support en bois, les hommes débarrassaient les noix de leur coquille. Les cerneaux servaient alors à faire de l'huile pour l'année et les déchets (tourteaux) étaient consommés par les animaux. Savez-vous ce que l'on dit des gens de Belledonne ? Qu'ils sont comme les noix : durs à l'extérieur mais tellement tendres à l'intérieur... En fin de soirée, bien entendu, une petite collation s'imposait. Il s'agissait de cidre (maison bien sûr) et de châtaignes. Combien de mots échangés lors de ces veillées ? Combien d'histoires, de fous rires...

Inspiré d'un texte de E. Coche

La vogue à la Sainte Marguerite.les fêtes dans nos montagnes

Nous sommes juste après la seconde guerre mon­diale, à la Boutière, commune de Laval, en compagnie d'une trentaine de jeunes gens des villages alentour, pour aller faire la fête. Ils ont décidé de se rendre au Rivier d'Allemont à pied. Cela va de soi :3 h de chemin de montagne, un col à franchir, quoi de plus naturel ! Eh oui ! C'est la vogue du Rivier ce soir. De l'autre côté, des filles et des garçons attendent du sang neuf. Le Rivier est coupé du monde, enclavé entre ses montagnes, alors, l'instinct de survie de la race humaine aidant, tout le monde se réjouit de cette vogue...

Notre joyeuse troupe marche bon train. Elle passe le Pré de l'Arc, la bergerie d'Aiguebelle et la voilà du Pas de la Coche. Une fois ici, un petit coup d'œil sur tous les massifs, c'est si beau. La des­cente sur le Rivier n'est qu'un jeu d'en­fant.

Arrivée au village, tout le monde se presse dans les maisons amies ou de famille (d'autres générations ont déjà œuvré) avant de se rendre chez la Blanche Chatel qui a préparé le repas de fête dans sa bonne auberge. Les rencontres, les échanges vont bon train. Je vous laisse imaginer les regards croisés lourds de sens ou les pieds effleurés sous les tables...

Après ce bon moment où les mots se disent et se taisent, tout le monde rejoint la salle de l'école où l'accordéon les attend. C'est ici que le bal musette s'exprimait pour le plaisir de chacun.

Tard dans la nuit, les granges du Rivier accueillaient nos jeunes amis bien fatigués pour y dormir ou conclure des rencontres prometteuses. La Vogue avait bien jouée son rôle ! Mais ce n'était pas fini pour autant, ils avaient encore toute une matinée de fête puis un repas à l'auberge. C'est dans l'après-midi que notre joyeuse bande s'en retournait sur l'autre pan de la montagne. Pour le retour, les discussions sur les uns et les autres allaient de soi! Chacun ramenait des nouvelles fraîches du «pays de l'autre côté». Et parfois bien davantage...

Les fées de Sainte Agnès.Conte de Belledonne

Alors que Clément de Travers venait de se réveiller de bonne humeur - une fois n'est pas coutume - sa femme, «la Marie», lui avait déjà préparé son petit déjeuner. Comme chaque matin, après sa pitance, il condui­sit ses chèvres en pâture, accompagné par Filochard, son fidèle compagnon : le chien de ber­ger.

C'était un frais matin de printemps, où le Vors, gonflé par les eaux de fonte des neiges, grondait plus que de raison. Depuis les famés, les hautes montagnes enneigées resplendissaient sous le soleil déjà chaud qui baignait de sa clarté tout alentour. Pour ceux qui connaissent les lieux, c'était grandiose !

C'est en chemin que notre légendaire Clément de Travers - vous l'avez compris, ainsi nommé, car toujours de mauvaise humeur, à ronchonner ou bougonner des chapelets de jurons - rencontre son ami, le brave Gustin. Et la conversation va bon train. C'était sans comp­ter sur les chèvres, ces petites garces : toujours les premières à collec­tionner les sottises ! Evidemment, elles s'étaient introduites dans les cultures du Gustin. Heureusement, Filochard eut tôt fait de chasser toutes ces effron­tées de là, avec quelques jappements et pincements de jarrets. C'était une histoire classée... Pendant ce temps, nos deux amis, tout en discutant des choses de la vie, furent sai­sis par une lumière en contrebas, non loin du Vors, le petit torrent qui sépare Sainte Agnès de Saint Mury-Monteymond. Et là, ils n'en crurent pas leurs yeux. Trop curieux pour en rester là, ils dévalèrent la pente, se rapprochèrent et décou­vrirent d'innombrables langes - petits carrés de tissu blanc - en train de sécher... Peu discrets avec Filochard qui sautait dans tous les sens, ils eurent à peine le temps de voir une dizaine de petites bonnes femmes, toutes plus belles les unes que les autres. De quoi ravir les nuits de songes de notre cher Gustin resté vieux garçon. Elles se précipitèrent en emportant tout le linge. Et ni vu ni connu, plus personne.... «Gustin, c'étaient les Fées de Sainte Agnès -«Fayes» du ruisseau - !»

Et voilà une belle histoire qui venait d'entrer au panthéon des légendes. Ne trouve-t-on pas sur Sainte Agnès, un joli hameau nommé «Le Fay» ? Allez-y au printemps. Ces mignonnes sont incon­solables de n'avoir plus de langes à faire sécher. Faute à qui ?....

Inspiré de « Légendes et nouvelles du pays Dauphinois » de G. COFFANO

Le Maudit.

Lègende de Belledonne La lune brillait encore dans le ciel étoilé, que Pierrot et Gaspard avaient déjà leur fusil en ban­doulière. C'était jour de chasse ! Mais pas n'im­porte quelle chasse : celle du chamois ! Animal léger, très adroit en tous terrains, avec un équi­libre hors pair. Combien de fois s'est-il déjoué de l'homme ? Mais revenons à nos deux compa­gnons de cette belle journée annoncée. Ils grimpaient à fière allure sur le chemin de Pré Raymond tout en se rappelant une chasse légen­daire où un chamois, traqué depuis des heures, se trouva prisonnier sur une vire. Alors que tous s'imaginaient déjà avec leur trophée à la perche, quelle ne fût pas leur stupéfaction de voir leur proie se jeter dans le vide plutôt que de subir l'af­front d'une mort par balles. Chacun y allait de sa version. Mais un bruit sourd et profond coupa net leur échange. Les regards croisés en disaient plus long que n'importe quel discours. C'est à ce moment qu'ils découvrirent le petit berger de Saint Jean qui dévalait la pente à toute vitesse, terrorisé, il eût juste le temps de leur dire son intention d'aller prévenir les gens du village. Nos deux acolytes gravirent le Rocher Mottin pour ensuite rejoindre le Lac Crozet d'où le bruit se fai­sait de plus en plus net. Mais là, figés sur place, ils aperçurent une silhouette attei­gnant la hauteur de 10 fois celle d'un homme. Ils entendirent des jurons qu'eux mêmes n'auraient osé proférer, c'est vous dire... Le monstre s'attelait à casser de gros rochers, ou plutôt devrais-je dire la montagne. Vu sa situation, son seul but était bel et bien de provoquer une immen­se éboulement capable d'ensevelir toute La Combe de Lancey et peut-être même tout Saint Jean le Vieux. Le vacarme était assourdissant. Un volcan en pleine activité aurait semblé un enfant de chœur à côté de ces bruits d'enfer. C'était bien le cas de le dire, notre monstre n'était autre que le Diable en personne, en mal de quelques âmes à égarer

Toujours au même endroit, nos deux amis n'avaient pu faire un seul pas, lorsque les cloches de Saint Jean sonnèrent à pleine volée. Et sans avoir eu le temps de dire « ouf », le Diable dispa­rut en un éclair. Mais non loin de là, un rocher resté fendu de tout son long, désormais appelé Roche fendue, signait le passage du Maudit.

Inspiré de « Légendes et nouvelles du pays Dauphinois » de G. COFFANO


Voici maintenant une autre histoire du Pays d'Allevard: Les grottes de la Jeannotte avec sa légende..Le Dauphiné Légendaire et Mystérieux de Gilbert COFFANO.
Les Grottes de la Jeannotte
C’était par une nuit d’été, une nuit chaude où la fraîcheur arrive à peine à passer, que notre histoire commence.

Allevard sommeillait dans un silence austère ; seul, dans le lointain, au dessous du coteau du Bessay, une faible lumière tremblotait. C’était la chandelle de la chambre d’Isarde, une jeune villageoise qui devait se marier bientôt, mais hélas, aujourd’hui Monsieur le Dauphin avait fait arborer le drapeau des batailles et, pour ce but sacré, tous les gars d’Allevard s’étaient vus obligés de partir sans retard. Isarde pleurait et pleurait encore à l’idée que son futur époux, Jacques des Ayettes, pourrait mourir à la guerre. Elle connaissait Jacques depuis son enfance, ils avaient grandi ensemble et c’est tout naturellement que leurs parents les avaient fiancés. Ils devaient se marier au printemps…
Le silence de la nuit invita Isarde à sortir, tout était calme et l’air de la nuit lui faisait du bien. Elle marcha au hasard et soudain, au détour d’un sentier, entendit une voix semblant sortir d’un ravin profond. Une voix s’échappant comme d’un souterrain s’écrier : “Qui va là ? Isarde pensa fuir, on racontait à Allevard que cette gorge était hantée par une sorcière. Son sang se figea dans ses veines. Devant elle se tenait une… Elle ne savait pas trop, une fée ou une sorcière, mais cette étrange créature était là. “Qui va là ?” répéta la voix. “Qui vient troubler mon sommeil à cette heure ?”
“Je suis Isarde, mon fiancé est parti à la guerre et je voudrais savoir s’il sera de retour pour notre mariage ?”
“Alors, entre mon enfant !” Isarde s’inclina et péniblement, à genoux, se traîna dans l’obscure caverne où la sorcière était entrée. “Il reviendra, c’est sûr, dit alors la sorcière, mais quand, tu ne dois pas le savoir ! Mais, si dans douze mois à partir de ce soir, Jacques n’est pas ton époux, tu resteras vieille fille à jamais. Ha ! ha ! ha !” Dix mois plus tard, nous retrouvons Isarde. Jacques ne revenait toujours pas, aucune nouvelle ; la guerre se poursuivait.
Isarde pleurait et pleurait encore… Il ne restait plus que quatre petits, tout petits, jours avant la date fatidique. Toujours rien, pas de nouvelles… “Pauvre de moi”, pensait Isarde, “que vais-je faire sans Jacques ?” Puis vient l’avant dernier soir et soudain, dans la cour, des bruits de sabot, un cheval oui, c’était un cheval arrivant à toute allure… “Jacques enfin te voilà”, s’écria Isarde qui dévala les escaliers de sa maison. “Ma bien aimée, je ne te quitte plus ! Quand nous marions-nous ?”. “Demain !”. Bien,j'irais chasser de bon matin, avant même que tu sois réveillée et nous nous marierons après.” Jacques sourit, il était heureux.
Isarde, malgré la bonne nouvelle, frissonnait, elle pensait à la prédiction de la sorcière.

Le grand jour était arrivé…Tout le monde s’activait dans la maisonnée. Isarde en robe blanche attendait, il ne manquait plus que Jacques. Il allait arriver d’une minute à l’autre, elle en était certaine… Les minutes puis les heures passèrent et toujours point de Jacques. Isarde en était sûre, un grand malheur était arrivé.
Elle avait raison, Jacques fut ramené sur un brancard, agonisant. Isarde le veilla jusqu’au petit matin et quand Jacques mourut, elle disparut.
Son corps sans vie fut retrouvé près de la grotte. La sorcière avait raison ; attention à vous demoiselle, si à l’occasion, vous allez vous promener près des grottes de la Jeannotte et que vous devez vous marier dans l’année, fuyez !

En 1890 donc bien plus tard le propriétaire des lieux avait installé une buvette avec tables et chaises et tous les curistes d'Allevard venaient visiter ces grottes avec l'espoir de découvrir les Fées et il fallait payer son écot pour entrer et l'appât du gain à pousser le propriétaire des lieux à demander aux visiteurs de payer leur écot pour en ressortir !

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